Pourquoi dit-on « revenons à nos moutons » ?

« Revenons à nos moutons » signifie « revenons à notre sujet, cessons de nous égarer » — et l’expression sort tout droit d’une pièce comique du Moyen Âge, La Farce de maître Pathelin (vers 1457). C’est l’une des rares expressions courantes dont on connaît la source exacte, mot pour mot.

Un procès complètement embrouillé #

Dans cette farce anonyme du XVe siècle, le drapier Guillaume attaque en justice le berger Thibault, qu’il accuse d’avoir volé et mangé ses moutons. Problème : l’avocat du berger n’est autre que maître Pathelin… qui a lui-même escroqué le drapier en lui achetant du drap sans jamais le payer. À l’audience, Guillaume reconnaît Pathelin et mélange tout : il parle tantôt de ses moutons volés, tantôt de son drap impayé. Le juge, perdu, le rappelle sans cesse à l’ordre : « Sus, revenons à ces moutons ! » — autrement dit, tenons-nous-en à l’affaire jugée.

De la farce au langage courant #

La pièce a eu un immense succès, et la réplique du juge est passée en proverbe. Au XVIe siècle, Rabelais la reprend sous la forme « retournons à nos moutons », signe qu’elle était déjà comprise de tous. Cinq siècles et demi plus tard, on l’emploie toujours dans le même sens : ramener une conversation qui digresse vers son vrai sujet, souvent avec une pointe d’humour.

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Fiche express #

Question Réponse
Sens Revenons au sujet dont on parlait
Origine La Farce de maître Pathelin (vers 1457), auteur anonyme
Réplique d’origine « Sus, revenons à ces moutons ! » (le juge)
Registre Courant, souvent léger ou amusé

Petit détail savoureux : dans la pièce, personne ne revient vraiment aux moutons. Le berger, conseillé par Pathelin, répond « bée » à toutes les questions et finit acquitté… avant de payer son avocat de la même monnaie, en bêlant. La farce se moque de tout le monde, et la langue française y a gagné une expression indestructible.

Qui a écrit La Farce de maître Pathelin ?

On l’ignore : la pièce est anonyme. Elle a été composée vers 1457 et reste la farce médiévale française la plus célèbre.

Peut-on dire « retournons à nos moutons » ?

Oui, c’est la variante popularisée par Rabelais au XVIe siècle. « Revenons à nos moutons » reste aujourd’hui la forme la plus courante.

L’expression est-elle familière ?

Non, elle est de registre courant : on peut l’employer en réunion ou à l’écrit sans problème. Elle apporte simplement une touche d’humour au recadrage.

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