« Le jeu en vaut la chandelle » : origine et signification

« Le jeu en vaut la chandelle » signifie que l’affaire mérite les efforts ou les frais engagés. L’expression vient des parties de cartes ou de dés qui, avant l’électricité, se jouaient à la lueur d’une chandelle : si les mises étaient trop maigres, la partie ne couvrait même pas le prix de la bougie. À l’origine, on l’employait surtout en négatif.

Quand s’éclairer coûtait cher #

Aux XVIe et XVIIe siècles, la chandelle de suif est une vraie dépense pour les foyers modestes. Jouer le soir suppose d’en brûler une, parfois plusieurs. L’usage voulait d’ailleurs que les joueurs laissent une petite somme pour dédommager l’hôte de l’éclairage. Un « jeu qui ne vaut pas la chandelle », c’est donc une partie si petite que les gains espérés ne remboursent même pas la bougie consumée : autant ne pas jouer.

Du tapis de jeu à la vie courante #

La forme première est négative — « le jeu n’en vaut pas la chandelle » — et c’est encore ainsi qu’on l’emploie le plus souvent : pour dire qu’un effort, un risque ou une dépense n’est pas justifié par le résultat espéré. La forme positive existe tout autant : « tente ta chance, le jeu en vaut la chandelle ». Dans les deux cas, on pèse un coût certain contre un gain incertain — exactement le calcul du joueur devant sa bougie.

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Fiche express #

Question Réponse
Sens L’enjeu justifie (ou non) l’effort et la dépense
Origine Parties nocturnes éclairées à la chandelle, XVIe-XVIIe s.
Forme d’origine Négative : « le jeu n’en vaut pas la chandelle »
Piège Ne pas confondre avec « tenir la chandelle »

La chandelle a d’ailleurs essaimé dans toute une famille d’expressions : « faire des économies de bouts de chandelle » (des économies mesquines sur de petites choses), « devoir une fière chandelle » à quelqu’un (lui être redevable d’un grand service — allusion au cierge que l’on faisait brûler en remerciement), ou « voir trente-six chandelles » après un choc. Preuve qu’avant l’ampoule électrique, la bougie occupait une place centrale dans la vie… et dans la langue.

Qui a dit « le jeu en vaut la chandelle » en premier ?

Personne en particulier : c’est une locution proverbiale née de l’usage, enregistrée par les dictionnaires dès l’époque classique. Elle n’a pas d’auteur identifié.

Peut-on dire « l’enjeu en vaut la chandelle » ?

On l’entend souvent, mais la forme consacrée est « le jeu en vaut la chandelle ». « L’enjeu » est une déformation récente, jugée fautive par les puristes.

Et « tenir la chandelle », c’est lié ?

Non : « tenir la chandelle » (être de trop auprès d’un couple) vient de l’image du valet qui éclairait la chambre. Même bougie, expression différente.

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