La révélation exclusive : comment Per Kirkeby fusionne géologie et art pour révolutionner l’abstraction et l’architecture

Per Kirkeby, géologue de formation et artiste danois (1938-2018) #

Per Kirkeby a d’abord été un scientifique. Avant d’être exposé à la Tate Modern, à la Phillips Collection ou aux Beaux-Arts de Paris, il a passé des étés dans l’Arctique, un carnet de terrain à la main. Cette page rassemble ce que les institutions publiques écrivent de lui — dates, formation, expéditions, expositions, collections — et rien d’autre. Chaque élément renvoie à la page du musée ou de l’établissement qui le publie.

L’essentiel
  • Qui — Per Kirkeby, artiste danois. La Tate donne ses dates : 1938-2018.
  • Formation — Il commence en 1958 des études d’histoire naturelle avec une spécialisation en géologie quaternaire arctique à l’Université de Copenhague, et y obtient en 1964 un master de géologie arctique.
  • Terrain — Premier voyage à Narssaq, au Groenland, en 1958 comme assistant de recherche ; d’autres expéditions arctiques suivent en 1959, 1960 et 1963.
  • Connu pour — La peinture, la gravure, l’écriture, la sculpture en bronze et les sculptures en brique, dont une centaine ont été construites.

Une formation scientifique : géologie arctique et Groenland #

C’est le point de sa biographie le plus souvent déformé, alors qu’il est documenté avec précision. La Phillips Collection, qui lui a consacré en 2012 la plus large présentation de son travail aux États-Unis, écrit qu’il commence en 1958 à étudier l’histoire naturelle avec une spécialisation en géologie quaternaire arctique à l’Université de Copenhague. La même année, il part pour la première fois à Narssaq, au Groenland, comme assistant de recherche. D’autres expéditions arctiques suivent en 1959, 1960 et 1963.

Le diplôme, lui, est daté par la Tate : Kirkeby achève en 1964 un master de géologie arctique à l’Université de Copenhague. Le Louisiana Museum of Modern Art retient la même année et le même intitulé. Ce sont les seules mentions de formation que ces institutions publient : ni doctorat, ni chaire, ni expédition en dehors de ces années-là.

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Ce que les sources disent exactement
La Tate écrit : « He completed a Masters degree in arctic geology at the University of Copenhagen in 1964 before becoming involved with Copenhagen’s radical Experimental Art School and international Fluxus. » La Phillips Collection écrit : « studying natural history with a specialization in Arctic quaternary geology in 1958 at the University of Copenhagen », puis « his first trip to Narssaq, Greenland, as a research assistant; additional Arctic expeditions followed in 1959, 1960, and 1963 ».

1962 : l’Experimental Art School de Copenhague #

Les deux trajectoires se croisent en 1962. La Phillips Collection indique qu’il s’inscrit cette année-là à l’Experimental Art School de Copenhague — l’Eks-skolen. La Tate précise le contexte : c’est après son master qu’il s’engage auprès de cette école « radicale » et du mouvement Fluxus international. Il est donc à la fois diplômé en géologie et membre d’un milieu artistique qui se définit contre l’enseignement académique.

En 1971, Kirkeby fait un autre voyage d’étude : la Phillips Collection rapporte qu’il se rend en Amérique centrale pour étudier les ruines mayas de Palenque, Yaxchilán, Uxmal et Copán. L’architecture construite, autant que la roche, entre alors dans son répertoire.

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Per Kirkeby Interview: We build upon ruins ▶
Per Kirkeby Interview: We build upon ruins
Entretien filmé au Louisiana Museum of Modern Art à Humlebæk, en mai 2008. Kirkeby y parle lui-même de sa manière de détruire une image trop réussie pour en reconstruire une autre : « My painting isn’t good until it goes under. »

Paysage et abstraction : une lecture critique, pas un fait #

Le rapprochement entre sa géologie et sa peinture est répandu, mais c’est une lecture, pas une propriété mesurable de ses tableaux. Elle mérite donc d’être attribuée à qui la formule. La Tate l’écrit en ces termes : l’approche de l’artiste est informée par un mode d’enquête quasi scientifique, que l’on peut faire remonter à sa formation de géologue.

Le musée des Beaux-Arts de Caen propose une lecture voisine, mais qu’il applique à trois artistes à la fois, et non à Kirkeby seul. Dans un accrochage de ses collections contemporaines intitulé « Géologie de la peinture : l’espace élargi », le musée écrit que leurs œuvres « jouent d’une géométrie de strates, de blocs et de parcelles, colorés ou monochromes », et que c’est « dans la distance prise avec le motif » que la sensation née du paysage prend une forme nouvelle. Ce sont des tableaux qui ne sont pas des paysages — la nuance est du musée, elle vaut d’être conservée telle quelle.

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Les autres interprétations qui circulent sur ce point ne sont signées par aucun conservateur. Elles ne figurent pas ici.

Les sculptures en brique #

C’est la part de son travail la plus visible dans l’espace public, et la mieux documentée en France. Les Beaux-Arts de Paris lui ont consacré du 20 octobre au 22 décembre 2017 une exposition dans la Cour vitrée du Palais des études. Leur rapport d’activité pour cette année-là donne les chiffres : une centaine de sculptures en briques ont été construites par Kirkeby, et ses archives font état « d’innombrables plans et projets non aboutis » ; jusqu’alors, aucune exposition n’avait été consacrée à ce seul corpus.

Pour la Cour vitrée, l’artiste a composé une sélection de douze pièces : une construction monumentale, un groupe de trois sculptures planes et un ensemble inédit de huit stèles. L’exposition a donné lieu à la réédition d’un « Écrit d’artistes » aux éditions des Beaux-Arts et à un numéro spécial des Cahiers d’art consacré à ses sculptures en brique.

Le travail préparatoire de ces constructions est lui aussi conservé : le SMK, musée national d’art du Danemark, détient un Udkast til murstensskulptur — un projet de sculpture en brique — daté de 1985-1987.

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Un artiste pluridisciplinaire #

Kirkeby n’a pas travaillé qu’en atelier. La Tate le décrit comme sculpteur, architecte, graveur, dessinateur, cinéaste et écrivain, et sa rétrospective de 2009 comportait une salle entière dédiée à son activité d’auteur, avec une sélection de ses écrits. Le Louisiana Museum of Modern Art le présente de la même façon : peintre, sculpteur, cinéaste et auteur.

Il a également enseigné : le Louisiana Museum indique qu’il a été professeur dans les académies de Karlsruhe et de Francfort. Sa sculpture en bronze a fait l’objet en 2020 d’une exposition monographique au Louisiana, « Per Kirkeby — Bronze », qui présentait l’essentiel de ses sculptures en regard de peintures et de dessins.

Expositions et collections publiques #

Voici les jalons que les institutions elles-mêmes documentent — et uniquement ceux-là. Les dates d’exposition, les nombres d’œuvres et les lieux proviennent des pages des établissements concernés.

1976
Il représente le Danemark à la Biennale de Venise Louisiana Channel
2009
Première grande rétrospective au Royaume-Uni, à la Tate Modern, du 17 juin au 6 septembre 2009 : 146 œuvres, peintures sur masonite et sur toile, bronzes, tableaux noirs, œuvres sur papier. L’exposition circule ensuite au Museum Kunst Palast de Düsseldorf, du 26 septembre 2009 au 10 janvier 2010. Tate
2012
« Per Kirkeby: Paintings and Sculpture » à la Phillips Collection, Washington, du 6 octobre 2012 au 6 janvier 2013 : 26 peintures et 11 sculptures en bronze. The Phillips Collection
2017
Douze sculptures en brique dans la Cour vitrée du Palais des études, Beaux-Arts de Paris, du 20 octobre au 22 décembre. Beaux-Arts de Paris
2020
« Per Kirkeby — Bronze » au Louisiana Museum of Modern Art, Humlebæk, du 21 février au 6 décembre 2020. Louisiana

Côté collections, la Tate indique que ses œuvres figurent notamment à la Tate (Londres), au Metropolitan Museum of Art et au Museum of Modern Art (New York) et au Centre Pompidou (Paris). Au Danemark, le SMK conserve entre autres une peinture Uden titel de 1992. En France, le musée des Beaux-Arts de Caen a reçu en 2020 le don, par un collectionneur particulier, de trois estampes de Kirkeby — Sans titre 1, 3 et 6 (2001), xylographie et linogravure.

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Où voir ses œuvres aujourd’hui #

La meilleure source reste la base de collection du musée lui-même : elle donne le titre exact, la date, la technique et le numéro d’inventaire, là où les récits de seconde main se contredisent. Les catalogues en ligne du SMK et de la Tate sont consultables librement. Beaucoup de chiffres qui circulent par ailleurs sur Kirkeby — millésimes de séries, commandes publiques, distinctions — ne se retrouvent sur aucune page d’institution : nous ne les reprenons pas.

À retenir
  • Per Kirkeby, artiste danois, 1938-2018.
  • Histoire naturelle et géologie quaternaire arctique à l’Université de Copenhague à partir de 1958 ; master de géologie arctique en 1964.
  • Narssaq, Groenland, en 1958 comme assistant de recherche ; expéditions arctiques en 1959, 1960 et 1963.
  • Experimental Art School de Copenhague en 1962 ; proche de Fluxus.
  • Une centaine de sculptures en brique construites ; douze d’entre elles montrées aux Beaux-Arts de Paris en 2017.
  • Le lien entre sa géologie et sa peinture est une lecture critique — la Tate et le musée des Beaux-Arts de Caen la formulent chacun à leur manière — et non un fait établi.

Questions fréquentes #

Quelle était exactement la formation scientifique de Per Kirkeby ?
Des études d’histoire naturelle avec une spécialisation en géologie quaternaire arctique, commencées en 1958 à l’Université de Copenhague, conclues par un master de géologie arctique obtenu dans la même université en 1964. Ces deux formulations sont celles de la Phillips Collection et de la Tate.
À quelles expéditions a-t-il participé ?
La Phillips Collection mentionne un premier voyage à Narssaq, au Groenland, en 1958, en qualité d’assistant de recherche, puis d’autres expéditions arctiques en 1959, 1960 et 1963. Elle ajoute qu’après 1965 il est retourné au Groenland, cette fois comme artiste. Aucune autre expédition n’est documentée par ces sources.
Combien de sculptures en brique a-t-il réalisées ?
Le rapport d’activité 2017 des Beaux-Arts de Paris parle d’une centaine de sculptures en briques construites, auxquelles s’ajoutent, dans ses archives, de nombreux plans et projets non aboutis. Douze pièces ont été réunies dans la Cour vitrée du Palais des études à l’automne 2017.
Sa peinture est-elle vraiment « géologique » ?
C’est une lecture, et elle est assumée comme telle par les musées qui la proposent. La Tate parle d’un mode d’enquête quasi scientifique remontant à sa formation de géologue. Le musée des Beaux-Arts de Caen, dans un accrochage intitulé « Géologie de la peinture : l’espace élargi », décrit une géométrie de strates, de blocs et de parcelles — mais chez trois artistes réunis, pas chez Kirkeby seul, et en précisant que leurs tableaux ne sont pas pour autant des paysages.

Sources #

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