Cessna Citation Mustang : le jet léger qui révolutionne l’aviation d’affaires #
Le Cessna Citation Mustang, désigné modèle 510 par son constructeur, est le très léger biréacteur d’affaires qui a ouvert la catégorie des entry-level jets au milieu des années 2000. Sa fiche de certification européenne et les documents commerciaux d’époque de Cessna permettent aujourd’hui de le décrire sans approximation : un appareil à aile basse et empennage en T, propulsé par deux turboréacteurs Pratt & Whitney Canada, certifié pour être piloté par un seul pilote.
Cette fiche reprend uniquement des valeurs retrouvées dans trois sources primaires : la fiche de certification de type EASA, la documentation technique publiée par Cessna et les statistiques de livraisons de la GAMA. Les chiffres qui circulaient sans support documentaire — coût horaire, volume de cabine, taux de montée sur un moteur, consommation — ont été retirés plutôt que recopiés.
Plan de l'article
- Cessna Citation Mustang : le jet léger qui révolutionne l’aviation d’affaires
- Design et configuration du Cessna Citation Mustang
- Performances techniques et capacités en vol
- Expérience à bord : confort, technologies et instrumentation
- Certification, exploitation et coûts : ce qui est documenté
- Le Citation Mustang aujourd’hui : livraisons, fin de production et segment
- Questions fréquentes sur le Cessna Citation Mustang
Design et configuration du Cessna Citation Mustang #
La description officielle de l’appareil tient en une ligne dans la fiche de certification EASA : « Low wing aircraft with retractable tricycle landing gear, T-tail, pressurized cabin, and two turbofan engines pylon mounted on the rear fuselage ». Autrement dit : aile basse, train tricycle escamotable, empennage en T, cabine pressurisée et deux réacteurs en nacelles sur l’arrière du fuselage. C’est cette architecture, et non un matériau particulier, que le document de certification retient.
La documentation Cessna précise le dessin de la voilure : un profil à forte portance, des bords d’attaque en flèche de 11 degrés protégés par des boudins de dégivrage pneumatiques, et un train hydraulique à commande électronique à bras tirés escamotables. Le constructeur justifie ce choix par la recherche de vitesses de décrochage basses tout en gardant une traînée compatible avec la croisière rapide.
Les dimensions extérieures sont identiques dans les deux sources, au centimètre près. Elles expliquent la logique de l’appareil : une empreinte au sol réduite, compatible avec des plateformes secondaires, pour une cabine qui reste celle d’un jet et non d’un turbopropulseur.
Sur la question des places, les deux documents disent la même chose de deux manières. La fiche EASA fixe une capacité maximale de six sièges, « deux pour l’équipage plus quatre sièges passagers ». La fiche commerciale Cessna annonce elle « 5 passagers maximum » : elle compte le siège droit du poste de pilotage, libre lorsque l’appareil est exploité à un seul pilote. Il n’y a donc pas de contradiction, mais deux façons de compter la même cabine à quatre fauteuils club.
- Quatre fauteuils club avec appuie-tête réglables et accoudoirs escamotables ; les deux sièges dos à la route s’inclinent de 25 degrés.
- Deux soutes séparées, l’une en pointe avant, l’autre dans le cône de queue, toutes deux éclairées.
- Tablettes escamotables monobloc, à gauche et à droite, logées dans les accoudoirs latéraux.
Performances techniques et capacités en vol #
La motorisation est identique dans les deux référentiels : deux Pratt & Whitney Canada PW615F-A, à régulation numérique FADEC à double voie, délivrant chacun 1 460 livres de poussée (662 kg, soit 6,49 kN) au niveau de la mer en atmosphère standard. Cessna précise un taux de dilution de 2,8 pour 1, une architecture à deux corps contrarotatifs, trois étages de compression et deux étages de turbine, avec une poussée maintenue jusqu’à 25 °C. La période entre révisions générales est annoncée à 3 500 heures.
Ces valeurs sont données par Cessna pour une configuration standard, en atmosphère type internationale et vent nul, sur piste dure, plate et sèche. Le constructeur ajoute lui-même l’avertissement d’usage : les performances réelles varient avec la météorologie, la configuration de l’appareil et les procédures du contrôle aérien. Une distance de décollage de 948 mètres n’est donc pas un chiffre à reporter tel quel sur un terrain chaud ou en altitude.
Un repère opérationnel figure dans la documentation commerciale : l’appareil est présenté comme capable d’atteindre 41 000 pieds en 27 minutes. Ce plafond, associé à la certification RVSM et au vol en conditions givrantes connues mentionnés dans la fiche EASA, correspond à l’usage visé — des liaisons régionales menées au-dessus de la couche météorologique et non à travers elle.
En revanche, ni la fiche de certification ni la documentation constructeur consultées ne publient de taux de montée sur un seul moteur ni de consommation horaire. Ces deux valeurs circulent largement mais restent introuvables dans les sources officielles ; elles ne figurent donc pas ici. Les seules données de masse publiées permettant un calcul de charge utile sont la masse à vide opérationnelle (2 538 kg), la charge utile (1 422 kg) et la charge marchande à plein carburant : 252 kg — soit, concrètement, trois adultes et leurs bagages avant d’avoir à sacrifier du carburant.
Expérience à bord : confort, technologies et instrumentation #
La cabine mesure 2,97 mètres de long pour 1,37 mètre sous plafond et 1,40 mètre de large. Cessna la décrit autour de six hublots elliptiques, teintés, équipés chacun d’un store plissé manuel. L’isolation acoustique repose sur un double vitrage et un garnissage isolant en sachets dans les parois : c’est la seule explication technique donnée au silence revendiqué en cabine, et elle ne s’accompagne d’aucune valeur en décibels dans les documents consultés.
Les matériaux annoncés par le constructeur sont des tissus, cuirs, moquettes ajustées et revêtements peints haute résistance, déclinés en trois ambiances catalogue nommées Smoky Quartz, Black Pearl et Silhouette. L’éclairage de lecture, lui, est décrit comme halogène en position fixe au-dessus de chaque siège, complété par des liseuses fixes au-dessus des deux tablettes ; aucun réglage d’ambiance lumineuse par passager n’apparaît dans la description du constructeur.
Deux éléments de confort sont documentés avec précision. Le premier est la climatisation multizone, qui permet de régler séparément le poste de pilotage et la cabine. Le second est la pressurisation numérique, dont Cessna indique qu’elle maintient une altitude cabine équivalente au niveau de la mer jusqu’à 21 280 pieds de vol. À bord, on trouve également des rangements de part et d’autre de la cabine avant, deux prises 12 V et des toilettes latérales fermées par un rideau amovible.
Le poste de pilotage repose sur une suite intégrée Garmin G1000 à trois écrans : deux afficheurs de vol primaires de 10,4 pouces encadrant un écran multifonction de 15 pouces, avec système de commande de vol automatique trois axes Garmin GFC 700. Le radar météorologique Garmin GWX 68 est annoncé pour une puissance nominale de 6 500 watts, un balayage de 90 degrés et une portée maximale de 320 NM. Le constructeur présente cet ensemble comme réduisant sensiblement la charge de travail du pilote — c’est un argument commercial, et il est ici rapporté comme tel.
Certification, exploitation et coûts : ce qui est documenté #
C’est sur la certification que le Mustang se distingue vraiment, et le document le dit sans ambiguïté. La fiche EASA fixe l’équipage minimal à « un pilote, en place gauche », sous réserve de l’équipement listé dans la liste des types d’exploitation du manuel de vol approuvé, l’alternative étant « un pilote et un copilote ». Le propriétaire-exploitant peut donc voler seul aux commandes d’un biréacteur pressurisé volant à 41 000 pieds : c’est ce qui a défini la catégorie des jets d’entrée de gamme.
Le calendrier réglementaire est documenté de bout en bout. La demande de certification est déposée auprès de l’EASA le 9 septembre 2003, la certification de type FAA intervient le 8 septembre 2006, la certification EASA le 21 mai 2007. La base de certification retenue est celle du 14 CFR 23 en catégorie normale. Le communiqué de Cessna daté du 27 janvier 2012 complète la chronologie industrielle : programme annoncé au salon de la NBAA en 2002, premier vol en avril 2005, première livraison en novembre 2006, et assemblage sur le site d’Independence, au Kansas.
Sur les coûts, une seule valeur est attestée par une source constructeur, et elle est datée : dans ce même communiqué de janvier 2012, Cessna situe le Mustang à « un peu plus de 3 millions de dollars » pour une livraison 2012. Aucun coût horaire d’exploitation, aucun prix d’occasion et aucun délai de livraison ne sont publiés dans les documents officiels consultés : les montants que l’on rencontre ailleurs proviennent de courtiers et de plateformes d’annonces, dont les méthodes de calcul ne sont pas documentées. Ils ne sont donc pas repris ici.
Quant aux usages, Cessna les hiérarchisait ainsi en 2012 : voyage d’entreprise ou personnel en premier, taxi aérien en deuxième, puis deux emplois émergents, le transport médical et l’entraînement des pilotes de ligne. Cette répartition, publiée par le constructeur, reste la seule description sourcée du parc en exploitation ; les noms d’opérateurs et les tailles de flotte qui circulent n’ont pas d’équivalent documentaire accessible.
Le Citation Mustang aujourd’hui : livraisons, fin de production et segment #
La trajectoire industrielle du modèle est publique et chiffrée. Les relevés de livraisons de la General Aviation Manufacturers Association, qui agrège les déclarations des constructeurs, recensent le CE-510 Citation Mustang de 2006 à 2017, puis plus rien. Le cumul donne 479 appareils livrés, avec un sommet très marqué en 2009 suivi d’une décrue continue.
Le même tableau permet de situer le segment sans avoir à extrapoler. Le Citation M2, positionné par Cessna juste au-dessus avec une distance franchissable annoncée de 1 580 NM et sept places maximum, démarre en 2013, précisément quand le Mustang s’efface ; il poursuit sa carrière, puis passe en version Gen2 à partir de 2022. Le Phenom 100 d’Embraer, lancé la même année que le Mustang, est encore livré en 2024. Le HondaJet HA-420, arrivé en 2015, s’installe dans le créneau au moment où le Mustang le quitte.
La structure industrielle a suivi le même mouvement. Les pages Cessna de l’époque portent la mention « Cessna Aircraft Company, filiale à 100 % de Textron Inc. » ; la fiche de certification EASA rééditée en juin 2018 désigne désormais Textron Aviation Inc., à Wichita (Kansas), comme détenteur du certificat de type et comme constructeur. La GAMA classe d’ailleurs le modèle sous l’entrée « Textron Aviation (Cessna) ». Attribuer les chiffres du Mustang à « Cessna » ou à « Textron Aviation » revient donc à désigner la même chaîne, à deux moments différents de son histoire.
Ce que le Mustang a réellement changé se mesure à cette chronologie plutôt qu’à des superlatifs : il a mis sur le marché, à partir de 2006, un biréacteur certifié pour un pilote seul, et il a ouvert un créneau que d’autres constructeurs occupent toujours. Le certificat de type reste actif, ce qui conditionne le maintien de navigabilité de la flotte en service ; mais l’appareil n’est plus produit, et toute analyse qui le présenterait au présent comme une nouveauté du catalogue serait décalée de plusieurs années.
- Certifié FAA le 8 septembre 2006 et EASA le 21 mai 2007, sous la désignation Cessna 510.
- Équipage minimal : un seul pilote ; cabine de quatre sièges passagers, six sièges au total.
- Fiche constructeur : 1 207 NM, 340 kt, 41 000 ft, 948 m de piste au décollage, 3 921 kg au décollage.
- Motorisation : deux PW615F-A de 1 460 lbf, révision générale annoncée à 3 500 heures.
- 479 livraisons de 2006 à 2017, aucune de 2018 à 2024 : le Mustang s’achète d’occasion.
Questions fréquentes sur le Cessna Citation Mustang #
Combien de passagers le Citation Mustang peut-il emporter ?
Le Cessna Citation Mustang est-il encore produit ?
Peut-on piloter un Citation Mustang seul à bord ?
Quelle piste faut-il pour un Citation Mustang ?
Combien coûte un Cessna Citation Mustang ?
- EASA, Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne — fiche de certification de type EASA.IM.A.502 — Cessna 510 (Mustang), édition 03 du 21 juin 2018.
- Cessna Aircraft Company — page produit et spécifications détaillées du Citation Mustang, archive de la page officielle.
- Cessna Aircraft Company — communiqué « Cessna Citation Mustang Reaches 400 Aircraft », 27 janvier 2012.
- GAMA — tableau 1.3a des livraisons mondiales de jets d’affaires, 1996-2024, mise à jour du 3 novembre 2025.
