LE REFUGE DANS LES BOIS

La marche à travers la grande forêt se poursuit. Sur la fin de l’après-midi, vous avez vu décliner la lumière dans le faîtage des pins tandis que le couvert nuageux s’abattait doucement sur les cimes les plus hautes. Tutoyant du doigt le ciel, les arbres pénétraient tranquillement la couverture de coton duveteux. Vous n’aviez pas l’intention de faire marche arrière mais il fallait bien trouver un abri pour la nuit. Devant vous, brillante comme un phare salutaire, une lueur jaunâtre attirait toute votre attention. Le cri d’un geai sonnant l’alarme de votre venue vous fit sursauter un peu. Arrivé à la cabane, laquelle vous offrait sa lueur irradiante et rassurante, vous poussiez la porte et trouviez un intérieur chaleureux et accueillant. Les murs laissaient échapper une douce odeur de résine et de sève mêlée tandis qu’un feu brulait dans l’âtre. Vous pensiez être attendu, pourtant personne n’était là. Des odeurs de café frais finissaient de vous mettre en confiance et de vous convaincre qu’il fallait trouver dans cette oasis imprévue un recueil intérieur pour se reposer dans l’immensité.

Photos

Demain l'aube / A beer, a cigarette and some pics

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Damien B. est un photographe toulonnais qui se consacre essentiellement au portrait féminin. Très souvent pertinent, dans une recherche pudique de la beauté de ses modèles, il réussit à capturer des clichés dont on sent l’âme de l’artiste et de son modèle toujours affleurante. Son Insta est une mine d’inspiration en ce qui me concerne dans lequel je pioche bien volontiers pour tenter de décrire la suspension des moments dans des scènes qui réclament du temps pris et calme.

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Les photos ont été publiées avec l’aimable autorisation de l’auteur et de ses modèles. © Tous droits exclusivement réservés à l’artiste.

Clément Giordano / Regard Nature

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Dans les Cévennes, beaucoup de photographes s’essaient à saisir la magie des paysages conjuguée à celle de la lumière. Clément Giordano se rend la tâche plus difficile encore puisque cet originaire du pays a l’audace de capturer les clichés de la faune sauvage. Quand il rentre bredouille de ses longs affûts, il revient tout de même avec l’instantané d’un somptueux paysage dans sa besace. Un régal pour les amoureux des grands espaces ou les envies de nature.

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Les photos ont été publiées grâce à l’aimable autorisation de l’auteur. © Tous droits exclusivement réservés à l’artiste.

 
 

Vidéos

Oleg Trofim

Ce réal russe est surtout connu pour ses clips vidéos et quelques pubs. Il possède un univers assez intéressant sur sa manière de filmer la ville et les âmes qui l’habitent. Dans une esthétique que je trouve assez proche de celle de The Blaze, ces images entrent en résonance avec la rudesse de la jeunesse russe, coincée au milieu du béton des immenses tours.

Si vous avez aimé les images qui habillent ce clip de Sirotkin, je vous conseille, sur la chaîne Vimeo du réalisateur, l’excellent Director’s Cut de Nike L’One sur le morceau Take Yours. L’esthétique y est juste ultra-classe.  Le jeune homme de 29 ans vient de sortir son premier long métrage en 2018 en Russie (distribué par ailleurs sur Amazon) qui a reçu un bon accueil critique. Le film, dont je n’ai vu que la bande-annonce, semble posséder deux ou trois jolies inspirations visuelles et font que le réalisateur est assurément quelqu’un à suivre.

Musique

Kate Tempest

Vous commencez à me connaître, je suis plutôt friand des gens qui vous embarquent dans l’univers qu’ils auront forgé à grands renforts plusieurs de leurs talents. L’exemple de Kate Tempest est plutôt éloquent en ce sens, car la jeune femme londonienne n’est rien de moins qu’une poétesse, une écrivaine de roman et de théâtre, et une rappeuse.

Influencée par des années de vie dans les quartiers pauvres de la capitale londonienne et les paradoxes qui nous rendent humains c’est une réelle amoureuse des mots. Je ne saurais trop vous conseiller que d’écouter un extrait de lecture publique d’ “Écoute la ville tomber” et de lire à votre tour. Dans les commentaires d’une de ses publications Facebook, un fan écrit : “She paints with words”. Je crois que cette phrase se suffit amplement à elle-même.

Gaël Faye

Gaël Faye est un chanteur-compositeur-écrivain et poète né au Burundi, d’un père français et d’une mère rwandaise. Il accède à la notoriété en France à l’occasion de la sortie de son roman Petit Pays. Ce premier livre est consacré par une dizaine de prix littéraires dont le Goncourt des Lycéens ou encore le prix littéraire des étudiants France Culture/Télérama

L’œuvre, d’inspiration autobiographique, raconte l’histoire de Gabriel, petit garçon vivant au Burundi avec sa famille, dont la mère est rwandaise. L’histoire raconte alors comment la jeunesse va s’effacer face à la gravité des exactions commises aux frontières de ce “petit pays”.
Dans les différentes œuvres de Gaël Faye, difficile de ne pas y voir “l’héritage” de ces drames. Les thématiques courantes dans ses productions sont l’exil, le déracinement, l’identité. Un auteur riche et enrichissant.

Public Service Broadcasting

Partons à nouveau du côté du sud de Londres pour suivre ce coup-ci les pérégrinations musicales du duo Public Service Broadcasting. Outre leur univers graphique qui fait se rencontrer les archives télévisuelles de la période 1930-1960 et la vidéo HD ; les Anglais, flegmatiques à l’envi dans leurs performances, se régalent de sampler les vestiges sonores de la même époque en les mixant à une musique électro-analogique produisant un résultat du plus bel effet.

Leurs thèmes de prédilection sont la conquête de l’humanité au sens large, l’ère industrielle ou encore la guerre. Prouvant que le mélange des genres produit des résultats inattendus et richissimes, le duo possède, encore une fois, un univers bien à eux.