Pourquoi écrire ?

Soyons clairs d’emblée, je n’ai pas la prétention de vous vendre ici des secrets. Je n’ai qu’une histoire personnelle à partager et un vécu qui l’est tout autant, c’est pour cela que je ne m’exprime qu’à la première personne du singulier. Ma volonté n’est pas ici de théoriser l’écriture mais plutôt de vous faire partager mon expérience. Je ne me prétends pas être le chantre du nouveau roman, mais je parle depuis la légitimité que je me suis construite pour avancer. Je suis un écrivain au même titre qu’est un écrivain celui ou celle qui écrit. Ni plus, ni moins.

J’ai simplement décidé de regrouper plusieurs articles qui, les uns aux fils des autres n’ont qu’un seul but. Vous montrer que tout cela est possible pour quiconque veut s’y mettre sans autre arme nécessaire que celle de sa volonté.

Antonin Artaud

Antonin Artaud – Un vivant parmi les fous

Antonin Artaud disait : « Nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé que pour sortir en fait de l’enfer ». L’enfer tel que le conceptualise Artaud n’a rien de mystique, il représente bien un quotidien larvé et désenchanté auquel nous sommes tous confrontés aujourd’hui. Quotidien qui trouve de nos jours une chambre d’écho formidable dans les réseaux sociaux et dans l’information permanente.

Le dernier livre de Boris Cyrulnik a pour titre : « La nuit j’écrirai des soleils ». Je vous laisse une seconde pour apprécier la beauté de cette phrase.

Ces deux réflexions m’inspirent combien l’écriture est doté d’une force salvatrice qui permet de partir à la recherche du vrai soi intérieur ou de surmonter bien des obstacles.

Comment écrire un livre ?

Effectivement, la finalité de notre passe-temps ou passion caresse forcément le désir de mettre un point final à une histoire. Même si le but n’est pas toujours d’être publié, il est intéressant de comprendre comment se donner les moyens et la fierté de pouvoir dire à quelqu’un : « j’ai écrit un livre ».

Je crois que quand j’ai commencé à écrire et aussi loin que je m’en souvienne j’ai toujours été fasciné par la capacité des écrivains à écrire un livre. La tâche m’est toujours apparue comme quelque chose de long et de besogneux. C’est un fait, dans un livre, il y a très souvent beaucoup de pages et donc autant de mots. Avec le recul, je pense que limiter la réflexion à la quantité est une erreur fondamentale. En effet, croire que le but ultime de ce qu’on poursuit au quotidien est jugé au volume est d’emblée un facteur limitant pour réaliser cette tâche.

John Steinbeck

John Steinbeck – Working class hero

C’est peut-être un peu bête à dire, mais pour écrire un livre, je crois qu’il faut commencer par écrire tout court. Et écrire tout le temps. Même si cela semble l’évidence même, ce que je veux dire ici c’est qu’il faut se détacher très rapidement de la finalité pour se consacrer aux étapes qui permettent de l’atteindre.

En suivant ce raisonnement, un peu simpliste certes, on pourrait donc se concentrer sur la question d’une manière différente :
Comment écrire ?

À l’inverse, si ma précédente réflexion prenait des inclinaisons étrangement simplistes, répondre à cette question est beaucoup plus difficile qu’il n’y parait. Pourtant, je me plais toujours à commencer ma réflexion par celle-ci :

Faux secret...
Tout le monde est capable de le faire !

Un peu à l’image le dessin ou la musique, l’écriture n’est rien de moins que la conséquence d’un entraînement permanent, voire perpétuel. Oui, car pour savoir écrire, il faut écrire tout le temps. Tous les jours. Partant de ce postulat, on peut se demander comment mettre ça en œuvre et surtout, entretenir la chose dans la durée.

Vous savez, la capacité de lire ou d’écrire un peu comme pour celle de marcher ou de courir ne demande pas des capacités incroyables. Ceci dit, si chacun peut marcher pour se rendre d’un point A à un point B, beaucoup moins nombreux sont ceux qui peuvent atteindre le point B quand celui-ci est situé tout en haut d’une montagne. Pourtant, la base est la même. Seul l’entraînement quotidien change. Et bien, vous savez quoi ? Il en va exactement de même pour l’écriture. Il n’y a que parce que vous écrivez tout le temps que vous serez capable d’écrire longtemps.

Écrire tout le temps !

Dans le rythme de la diversité des quotidiens, il faut bien comprendre que l’écriture telle que je la conçois se nourrit autant du stress d’une journée que du calme d’un matin ou d’un soir. Je ne vous livre ici que mon expérience personnelle, mais après avoir souvent fait l’expérience j’ai beaucoup de mal à conditionner mon esprit à travailler à un certain créneau horaire. Je sais que pour certains, l’idée de la routine d’écriture est rassurante et fonctionne bien avec eux. Encore une fois, la seule bonne méthode est celle qui fonctionne pour vous. Le challenge consiste simplement à la trouver. C’est là tout le désenchantement pour certains et la fascination pour d’autres : il y’a autant de moyens que d’écrivains.

Virginie Despentes

Virginie Despentes – Trajectoires

Quand on commence à vouloir écrire, on cherche par exemple quelque chose qui nous tient à cœur, qui nous révolte, qui nous émeut. Finalement, au début, c’est toujours quelque chose de naturel. Et c’est normal. Les premières lignes de ce qu’on va écrire, les personnages qu’on va y mettre, notre inconscient les a déjà formulées depuis longtemps. Puis, un peu comme un ballon de baudruche qui se vide de sa substance, on aura la sensation d’avoir tout dit, tout écrit et on sera confronté au premier obstacle : écrire quoi ? Rien ne vient.

Il me semble très important de dire à ce stade que je me suis trouvé confronté cent fois à cette situation. Je n’ai trouvé qu’une manière de la contourner. Forcer mon conscient et mon inconscient à écrire sur des thèmes ou des situations que je m’imposais. Effectivement, ces exercices (qui sont les seuls que je pratique) doivent permettre d’obliger son cerveau à réfléchir les choses de manière différente.

Comme je trouve toujours que les conseils d’écriture sont légion sur le web et que manquent cruellement des exemples pratiques, j’ai décidé de vous proposer quelques pistes pour que vous puissiez mettre en œuvre ce que je vous ai expliqué jusqu’ici. Dans l’article suivant, nous parlerons de l’idée et de l’approche, englobant ainsi la notion d’écrivain et d’auteur. Je vous laisse réfléchir et réagir à cet article, sentez-vous libre de poser des questions ou de donner votre avis sur les choses. Les commentaires sont là pour ça !

À votre tour d’écrire !

Trois exercices simples à mettre en œuvre tout de suite

Décrivez, de votre point de vue, la dernière situation qui vous a provoqué un sentiment fort. Si vous ne vous souvenez pas d’une situation, créez-en une. (5 phrases maximum)
Décrivez, de votre point de vue, le sentiment ressenti. Comment celui-ci est-il arrivé en vous ? Qu’a-t-il provoqué ? (5 phrases maximum)
Recommencez les deux étapes précédentes en changeant soit de sentiment, soit de point de vue.

photo à la une : Ray Hennessy on Unsplash

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Écrit par Scheuer Kévin
31 ans - Lieu de vie : Forêt mystique - Animal totémique : Cerf élaphe - Particularités : Inclinaisons fâcheuses à faire des phrases